Spectacle Hommage Ô Mage Nougaro

Spectacle en hommage à Mr Nougaro Spectacle en hommage à Mr Nougaro

Nougaro est le coq qui a remis les pendules à l’heure : oui, on peut chanter du jazz en français, oui, la poésie peut être populaire. Le petit taureau a pris la chanson par les cornes, boxé les syllabes à bras le cœur, à corps ouvert. Sur l’écran noir de ses pages blanches, des notes bleues, comme s’il en pleuvait. Il y a un miracle Nougaro, mais c’est un miracle simple : celui de la générosité. Avec lui, c’est le cœur et l’esprit, la chanson et la poésie, le jazz et la java ; paroles et musiques, fromage et dessert. Pour les gourmets comme pour les gourmands, Tony Tabbi et Al Jazz nous servent à point deux heures d’un festin de mots, de sons, d’émotion sauce occitane, à la rencontre de Sœur Ame…

 

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Neringa

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Neringa on l’écoute.

Il ne faut pas en raconter à Neringa, il vaut mieux l’écouter chanter. D’un coup d’œil elle saisit son public, par le cœur, par les tripes, jouant de son piano comme le ferait une danseuse de son partenaire, lui laissant croire qu’il la conduit alors qu’elle n’en fait qu’à sa tête, et plaque ici ou là un accord qui fait trembler la salle, avant de repartir sur une petite musique qui tressaute sous ses doigts agiles. Elle joue des mots et des notes, des mots de gueule, des mots sensuels, des mots tendres aussi, et dans la même chanson se permet une pirouette.

C’est à la nuit, dans les petites salles, sur les scènes plongées dans la pénombre, que l’oiseau chante ses couplets d’une voix de petite fille mutine parfois, de femme qui en a vu d’autres souvent, de poétesse qui sait toujours, en grande dame, laisser l’émotion suspendue. Avec elle l’amour rime avec l’humour, la poésie parfois mélancolique peut tourner à la gouaille, au détour d’une rime, au détour d’un rythme. La pudeur du sentiment mérite bien quelques fois un coup de pied dans les rotules, des fois qu’on s’attendrisse un peu trop. Elle fait entendre ses colères, sa liberté, et même sa nostalgie sur deux trois notes, et donne en partage ses complicités, ses sourires. Si quelques fois elle évoque des sujets tristes, c’est sans complaisance. Même pour parler de la mort, il y a en elle une rage de vivre qui l’emporte.

Il y a un cheveu sur la langue de Neringa, et parfois devant ses yeux, mais elle finit décoiffée, la tête sur le piano et ses chansons nous laissent des brassées de tendresse et de rires salutaires.